En juin 2019 nous avons organisé avec Catherine Brunelle, Thibault Bouchette, Isabelle Montigny, Isabelle Capy et moi-même un stage intensif international autour des pouvoirs et privilèges à Cogolin dans le sud de la France.

Nous avons réunis des formatrices et formateurs de différents pays pour former une centaine de personnes pendant 9 jours intensifs en résidence.

J’ai alors commencé à :

  • Comprendre ce qu’est un privilège et avoir conscience de ses privilèges au quotidien
  • Identifier les privilèges culturels, juridiques, organiques, familiaux, …
  • Découvrir les écarts et les angles morts que peuvent créer ses privilèges.

Mais surtout j’ai commencé à vraiment comprendre que j’avais en tant que male blanc, dirigeant, issue des classes moyennes supérieures, avec de l’éducation, un couple stable et heureux, des enfants, des ressources financières, presque tous les privilèges possibles. Et que je ne voyais pas du tout comment intégrer ces éléments dans ma démarche de NonViolence 🤔

Et de mois en mois, d’année en année depuis 2019 je prends doucement conscience de ces privilèges et des angles morts qu’ils peuvent générer dans ma perception du monde.

Ce qui change entre comprendre et prendre conscience c’est que je commence à intégrer dans mes actes aux quotidiens que je peux faire preuve d’une grande violence sans avoir conscience de mes angles morts.

Je réalise que tout le système hiérarchique habituel aussi appelé système patriarcal occidental et capitaliste tend à justifier ses privilèges. Je peux être acteur ou caution de violences visibles ou invisibles parfaitement supportées, voire cautionnées par la plupart des gens qui m’entourent du fait de nos habitudes ancestrales.

Se lever tôt

Par exemple, j’aime me lever tôt et je suis rapidement dans l’action. J’ai donc pendant des années pris l’habitude de traiter mes mails entre 6h et 8h du matin pour préparer ma journée. J’ai ainsi écrit à des collaborateurs ou clients très tôt (et parfois très tard aussi dans la même journée).

En voulant bien faire (bonne intention), en pensant qu’ils auraient ainsi le temps de répondre à mes mails plus tard dans la journée (bonne intention), j’étais en fait dans la génération de violence invisible pour moi, parfois même pour celles et ceux qui recevaient le mail en ce disant que c’était une qualité appréciable.

Envoyer des emails très tôt ou très tard est une forme de violence qui dit :

  • Il n’y a pas d’heure pour le travail !
  • Je donne la priorité au travail avant tout.

Pire encore, en tant que patron, avec l’intention d’être exemplaire pour mes collaborateurs salariés, et de faire avancer les dossiers en répondant hors des heures de travail je dis de façon invisible : 

  • Prends exemple sur ton boss dévoué à la tâche
  • Réponds-lui vite car il s’est donné la peine de t’écrire si tôt ou si tard
  • Etc

J’ai choisi d’expliquer par cet exemple de l’email et du monde professionnel le principe de la violence systémique par manque de conscience de mes privilèges :

  • Capacité naturelle à me lever tôt 
  • Hyper activité naturelle
  • Un couple, une famille, un cadre de vie qui me permet de travailler à des heures décalées 

Mais cette forme de violence peut se produire à chaque fois qu’une personne disposant d’une ressource interne (comme la capacité de se lever tôt) ou d’une ressource externe (comme le fait d’avoir un couple qui lui permet de travailler très tôt ou très tard) n’a pas conscience que ces ressources sont des privilèges dont elle dispose facilement mais que tout le monde n’a pas.

Les exemples de privilèges ne manquent pas, les hommes par rapport aux femmes, les personnes éduquées par rapport à celles qui ne le sont pas, les riches et les pauvres, etc…

Ces différences de statuts sont généralement connues mais les privilèges qui en découle sont souvent bien moins compris et même rejetés par celles et ceux qui les ont et qui n’ont pas forcément envie de se charger d’une conscience ou d’une responsabilité liée à leurs privilèges.

Qu’en pensez-vous ?

Qu’est ce qui est présent pour vous à la lecture de ces lignes ?

Avez-vous des sentiments, sensations ou émotions qui vibrent en vous à la lecture de ces lignes ?

J’ai la croyance que plus nous avons de privilèges dès la naissance, plus il est difficile d’en prendre conscience car toute notre société converge à nous faire croire que c’est une normalité.

Notre société donne même aux privilégiés le statut d’élite qui serait un but à atteindre pour ceux qui n’en sont pas 🤔

J’ai la croyance que plus nous avons de privilèges, plus il est délicat de les identifier comme tels.

J’ai la croyance qu’il est difficile de changer nos habitudes une fois que nous avons pris conscience de nos privilèges car la société toute entière nous donne à croire que c’est normal de les avoir. 

Je ressens même une forme d’inconfort à remettre en cause mes privilèges alors qu’ils me permettent une forme de tranquillité et de facilité.

Et en même temps, je vois bien qu’il n’est pas durable de mettre en place un monde d’élite et de privilèges qui coupent les humain.e.s les un.e.s des autres. 

Qu’en pensez-vous ?

A quelles ressources, concepts pensez-vous en lisant ces lignes ?

Quelles résonances dans vos vies… ?

Parlons-en sur Facebook, LinkedIn ou en vrai dans la vie ?

Autres épisodes

Épisode précédent :

Épisodes suivants :

  • Identifier les limites d’accès aux ressources.
  • Quand j’ai les ressources qu’est-ce que j’en fait ?
  • La mécanique et les ingrédients qui facilitent la NonViolence Systémique.
  • Violence et NonViolence systémique des organisations
Alexandre

Alexandre

Ma raison d'être : Contribuer au Cercle vertueux de la NonViolence Systémique. (NonViolence vient de Ahimsa qui est source de la "Non-Violence" ou "Non Violence".)

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