« On préfère jouer  au jeu de qui à raison ! Alors qu’à ce jeu tout le monde perd ! » Marshall Rosenberg

Quand une graine pousse, elle se nourrit naturellement  de ce qui est bon pour elle, favorable à sa croissance. Quand un bébé vient au monde, il est connecté à ses besoins, à ce qui est essentiel à sa vie et sa croissance.

Marshall Rosenberg, psychologue américain, qui a initié la Communication NonViolente (CNV) aimait à dire que l’objectif de la CNV c’était de réapprendre ce qu’on sait déjà faire de façon naturelle pour se rencontrer dans l’espace du don naturel où la différence entre donner et recevoir n’existe pas. Nous avons besoin de réapprendre car l’éducation, le système dans lequel nous vivons nous en a détourné. Et ça ne date pas d’hier, Marshall Rosenberg dans sa conférence parle d’une origine de plus de 5000 ans, époque où une pensée complètement folle nous a détourné de ce don naturel. L’idée folle que l’Humain était malfaisant de nature.  ce postulat a émergé et s’est profondément imprégnée avec des conséquences tragiques. Ainsi, il faut donc éduquer l’humain, lui expliquer ce qui est bon, ou mal, mettre en place des mesures correctives, punitives. Une croyance se repend : pour changer les gens qui ont fait des choses qui ne conviennent pas, il faut qu’ils se détestent eux-mêmes pour ce qu’ils ont fait. Alors pour des raisons théologique, politique, économique se développe un langage « Chacal » comme l’appelle Marshall Rosenberg, un langage qui coupe de la vie et rend très facile l’utilisation de la violence.

La culture de domination devient la norme, il s’agit de rendre la violence agréable voire divertissante pour maintenir l’oppression acceptable.

« Les héros tuent ou tabassent, on a été éduqué pour faire de la violence un divertissement »  Marshall Rosenberg

Une forme de langage qui entretient la violence et qui coupe la relation est développée en mode binaire, basé sur une morale : qui a raison qui a tord, qui fait bien , qui fait mal, normal, anormal… Les mécanismes du jeu est en place, la violence s’autoalimente. Marshall Rosenberg s’amusait en mettant en évidence l’aspect contreproductif de ce mode de fonctionnement qui entretient la violence dans un cercle vicieux infernal « Si je vois qq1 qui a un comportement que je n’apprécie pas, je cherche à provoquer un changement dans son comportement, en lui disant « abruti » mais ça ne marche pas !! ».

Une autre caractéristique de ce langage qui coupe, c’est le déni de responsabilité  de ses propres actions: langue bureaucratique, c’est mon patron, père, prof qui me l’a dit, je n’ai pas le choix, je suis obligé. Le déni de responsabilité est un ressort puissant du pouvoir sur, des systèmes de domination et de hiérarchie, c’est le lit de la dictature.

Tant que ce mode de pensée existe, la violence existera et ce faisant, l’Humaine s’éloigne de sa vraie nature.

« Il nous faudra répondre à notre véritable vocation, qui n’est pas de produire et de consommer jusqu’à la fin de nos vies, mais d’aimer, d’admirer et de prendre soin de la vie sous toutes ses formes. » Pierre Rahbi

L’objectif de la Communication Non Violente est de retrouver la joie de la rencontre, remettre nos aspirations profondes au cœur de nos choix et de se re-connecter à notre élan naturel de contribuer à la Vie, la mienne et celle des autres.

La CNV nous aide à nous rencontrer pour arriver à vivre ce que Marshall Rosenberg appelait le don naturel entre nous. En fin d’article, sont transcrites les paroles de sa chanson sur le don naturel…

Réapprendre ce que nous savons naturellement faire et que nous avons oublié, car nous avons été éduqué à penser dans un mode binaire où l’autorité sait ce qui est juste pour nous. Le référentiel de nos actes est externe à nos propres ressentis, intuitions.

Je n’agis plus à partir de mes besoins et mon élan, mais par rapport à ce qu’il est jugé bon, bien, acceptable de faire par mon environnement, le système, la famille, le milieu professionnel…. Et la mécanique de la violence systémique est enclenché.

La Communication NonViolente permet de s’empuissancer individuellement et collectivement pour reprendre la télécommande de nos vies et garder à l’esprit qu’on a le choix dans tout ce qu’on fait.

Notre élan naturel de vivre la connexion est en phase avec la réalité de notre inter-dépendance humaine, on le sent, on le sait. Tout ce qui ne vient pas de cette énergie, nuit au vivant,  «  se paye un jour » disait Marshall Rosenberg.

Si j’agis par peur de la punition, par la honte, culpabilité, ou pour plaire, ce n’est pas par élan, ce n’est pas avec cette énergie que j’ai envie de vivre. Réapprenons à poser des actes avec l’élan du cœur, en prenant la responsabilité de nos besoins et pas sous la contrainte.

Une invitation concrète à prendre chacun notre pouvoir d’Humain pour agir sans se rebeller ou se soumettre, une invitation concrète à contribuer L’expression du besoin nous donne du pouvoir avec les autres, les besoins s’additionner aux autres, et alors les possibles se multiplie, ainsi que l’envie de donner, coopérer, créer !

Comme le sucre la CNV s’expérimente, se goûte, se vit, il ne s’agit pas de l’expliquer pendant des heures, juste d’en faire l’expérience concrète dans la réalité de la relation. Les racines de la violence sont puissantes, celles de la NonViolence aussi !

Empuissançons nous pour cesser d’alimenter de façon automatique le système à l’œuvre et enfin, cultiver le cercle vertueux de la NonViolence.

Chanson de Marshall Rosenberg sur Le don naturel

« Rien ne me comble plus que lorsque je te donne

Si tu savais la joie que je ressens de prendre soin de toi

Je ne te donner pas dans l’espoir de recevoir

Mais pour vivre l’amour que je ressens pour toi

Recevoir avec grâce et légèreté est peut être le beau des dons

Il m’est impossible de dissocier donner et recevoir

Quant tu me donnes,  je reçois de toi

Et quand je te donne je me sens tellement comblé

Marie Mayyas

Marie Mayyas

(Re)Source du Cercle de la NonViolence. Se relier à son humanité pour se relier à l'Humanité.