Quand j’observe les fonctionnements habituels de notre société et que je vois que nous (j’en fait partie) sommes pris dans des processus qui vont nuire à nos congénères, à la vie animale ou à la nature au sens large, je m’interroge…

Comment peut-on en être encore là en 2021 ? Comment se fait-il que Sapiens qui aurait paraît-il une capacité cérébrale supérieure continue de négliger le potentiel formidable de l’interdépendance ?

Dépendance et indépendance

La manière habituelle dont fonctionne le monde est basée sur le duo inséparable “Dépendance – Indépendance”. Plus précisément, il s’agit d’une croyance que nous sommes soit dépendant soit indépendant.

Par exemple, je vais au travail, je signe un CDI pour gagner un salaire qui va me rendre indépendant pour nourrir mon besoin fondamental d’autonomie. Mais en même temps je suis dépendant de mon patron si je suis salarié. Je suis dépendant de mes clients si je suis à mon compte.

Mon besoin d’autonomie dans le monde habituel est perpétuellement pris en étau entre la dépendance et l’indépendance. 

C’est une façon de percevoir le monde qui alimente nos croyances, stimule et rassure notre théâtre mental hyperactif, mais qui limite nos choix et ne nous met pas en lien avec nos vrais besoins ni avec le reste du monde.

Passer à l’interdépendance

L’interdépendance est une autre façon d’aborder le monde en développant notre souveraineté et notre puissance personnelle.

L’interdépendance consiste à prendre conscience que nous ne sommes pas seuls, que nous sommes reliés les uns aux autres, que nous sommes reliés avec notre environnement. Si nous avons besoin d’une ressource que nous n’avons pas, elle existe ailleurs, et nous pouvons aller la chercher là où elle est, dans une logique de complémentarité.

Expérience vécue pendant des années où je me disais : “J’ai la responsabilité de gagner l’argent qui garantit l’indépendance de ma famille” et par là même je me suis créé une dépendance au travail qui m’a éloigné de ma famille et se faisant, ne donnait pas l’opportunité à ma famille de contribuer.

Un jour je me suis dit : “Pour l’instant j’ai fait le choix d’assurer seul l’indépendance financière de ma famille et quand je serai fatigué, je trouverai une autre façon de fonctionner en famille.”

Aujourd’hui, nous sommes 4 et nous vivons l’interdépendance,  nous contribuons chacun.e selon nos besoins, possibilités et réalités. Les liens sont plus forts, et le bénéfice personnel et collectif est réel.

Dans cet exemple, cela crée tellement plus de lien avec soi et avec la famille que le bénéfice personnel et collectif est indiscutable.

Il en va de même dans l’entreprise, dans les associations et toutes les organisations.

Pratiquer l’interdépendance

C’est toujours plus facile à dire qu’à faire et personnellement je commence tout juste à comprendre le concept d’interdépendance.

Chaque nouvelle réflexion sur un sujet va déclencher une autre réflexion sur un autre sujet et ainsi augmenter la conscience de ce que je fais ainsi que ma relation au monde.

En travaillant avec Catherine et Marie sur le Cercle CNV, avec Léontine et Farrah sur Ubuntu, ou encore à La Coop CNV, je réalise chaque jour un peu plus la chance que j’ai de collaborer avec des personnes qui ont intégré cette notion d’interdépendance généralement bien mieux que moi.

J’en profite pour vous remercier toutes et tous pour votre exemplarité et j’espère que cet article donnera à quelques personnes le goût de pratiquer toujours un peu plus l’interdépendance.

Pour moi le chemin passe par la formation en CNV mais aussi par la mise en pratique quotidienne dans nos familles et nos vies professionnelles, d’où cette nouvelle offre “ONV” pour Organisation NonViolente que je vous invite à découvrir.

Peut-être que demain en cheminant de plus en plus nombreux sur les voies de l’interdépendance nous aurons créé un monde comme celui que Coline Serreau dans La Belle Verte

PS : D'où je parle ?

Loin de moi l’idée de donner des leçons ou de partager des vérités.

J’ai plutôt l’impression de cheminer sur un chemin de découverte et de développement personnel qui me porte à réfléchir au concept d’interdépendance suite à la préparation du stage immersif Ubuntu 2021 et aux webinaires que nous co-organisons, avec Léontine, Farrah, Marie et Catherine.

Alors si certain.e.s ont des choses à partager sur cette réflexion, ce sera un plaisir d’échanger de préférence via les réseaux sociaux (Facebook ou LinkedIn) pour ouvrir le débat avec d’autres.

Alexandre

Alexandre

Ma raison d'être dans le Cercle CNV : Apporter ma contribution à la NonViolence Systémique.