Quelle intelligence collective ?

Si l’on prend la définition de Wikipedia : L’intelligence collective ou de groupe se manifeste par le fait qu’une équipe d’agents coopérants peut résoudre des problèmes plus efficacement que lorsque ces agents travaillent isolément. 

C’est un processus tout à fait naturel qui n’a pas attendu que des experts viennent y apporter une réflexion scientifique, des processus, des règles et des méthodes.

Néanmoins, je vais vous parler d’une forme d’intelligence collective que j’ai expérimentée puis transmise et affinée avec le CJD (Centre des Jeunes Dirigeants) ainsi que dans mes expériences d’enseignant à l’école des mines et d’animateur pour mes clients.

Pourquoi l’intelligence collective ?

Au début des années 2000 quand j’ai participé à mes premiers ateliers d’intelligence collective. J’ai réalisé à quel point les règles d’équivalence et d’écoute qui permettent à chacun de contribuer sans jugement dans ces ateliers, sont une grande source de créativité et d’efficacité. Les sujets sont traités avec clarté et profondeur. La puissance du groupe permet d’aller en temps record là où les ateliers animés de façon plus classique n’y arrivent pas.

Mais ce qui m’a encore plus surpris c’est d’observer que l’usage régulier de ces techniques d’animations avec un groupe (étudiants, collaborateurs, clients) qui travaille pendant un certain temps sur un même projet, permet de faire émerger des talents que même les participant.e.s ne connaissez pas d’eux-même.

Sans le comprendre forcément, les participants aux ateliers d’intelligence collective vont commencer à expérimenter des éléments clés de la NonViolence systémique.

Voyons juste 3 aspects clés qui permettent d’illustrer en quoi, pour moi, l’intelligence collective permet la mise en pratique de la NonViolence Systémique.

L’équivalence

L’une des règles de base des ateliers d’intelligence collective consiste à créer de l’équivalence entre les participants.

Cette équivalence de parole fait que le.la dominant.e prenant habituellement toute la place dans une réunion va laisser une place équivalente à celui ou celle qui s’efface habituellement derrière presque tout le monde.

Cette équivalence qui fait partie des règles d’animation va contribuer à la NonViolence systématique à différents niveaux.

Pour l’habituel.le dominant.e

Il.elle va découvrir qu’il peut aussi écouter et prendre du recul sur ce qu’il.elle aurait pu dire avant tout le monde si l’atelier ne l’avait pas freiné.

Ce temps de recul lui permet de pousser encore plus loin ses réflexions et d’apporter ses idées en soutenant celles et ceux qui les ont apportées à leur tour, au lieu de contribuer à les effacer en monopolisant la parole.

Pour  l’habituel.le dominé.e

C’est l’occasion de réaliser qu’il est possible de prendre la parole en public et que ses idées peuvent largement contribuer à faire avancer les sujets.

C’est un moyen de développer sa confiance en soi de façon générale et d’apporter plus naturellement ses idées par la suite même en dehors des ateliers d’intelligence collective.

Pour le groupe

C’est un moyen de découvrir des talents cachés, et de vraiment mieux se connaître. C’est aussi une façon de mettre à jour des idées qui n’auraient jamais vu le jour dans un rythme et une animation habituel.

La liberté 

Chacun.e est libre de participer ou pas aux ateliers, de dire ce qui lui semble juste à tout moment. Ceci sans jugement de la part des autres. Et avec la possibilité de dire le contraire à l’instant suivant.

Cette liberté de parole et d’action pourrait sembler dangereuse dans des organisations habituelles de réunions, de formations, etc… mais en intelligence collective, cela fait partie du processus.

Cette liberté qui s’auto-limite au respect des accords de groupes fixés en début d’atelier va ouvrir tout le champ des possibles dans une authenticité et une productivité maximum.

Liberté d’être

Celles et ceux qui participent, sont là volontairement et sont donc personnellement motivés pour contribuer. Les règles de bienveillance et d’accueil font que tout.e.s les participant.e.s pourront contribuer quelle que soit leur humeur, difficultés ou entrain du moment.

Ce socle de liberté contribue lui aussi à la NonViolence systémique en permettant à chacun de vivre ce qu’il est à titre individuel, relationnel et organisationnel.

La dissociation des idées et des personnes

Dans un atelier d’intelligence collective, une fois qu’une idée est remise au groupe elle n’appartient plus à celui ou celle qui l’a émise mais au groupe, à l’atelier, au projet…

Chacun peut la reprendre, la faire évoluer, la transformer.

Cette règle de partage permet d’expérimenter la dissociation entre les idées et les personnes :

  • Je ne suis pas ce que je pense
  • L’autre n’est pas ce qu’il pense
  • La personne est une chose, l’idée en est une autre.

Comme l’explique très bien Eckhart Tollé dans son livre “Le pouvoir de l’instant présent”, nous avons l’habitude de croire que nous sommes nos pensées. (Voir l’article sur le blog)

Et cela va alimenter notre égo qui va nous enfermer dans nos pensées au lieu de nous libérer pleinement.

Et il en va de même pour les idées des autres que l’on peut facilement associer à la personne qui porte l’idée. Et ainsi enfermer cette personne dans une image alors qu’elle n’est pas son idée. Son idée peut changer et sa personne aussi.

Cette démarche que l’on vit dans les ateliers d’intelligence collective permet d’expérimenter de façon concrète :

  • La NonViolence à soi, en se donnant de la liberté par rapport à nos idées
  • La NonViolence relationnelle, en collaborant autour des idées des autres
  • La NonViolence systémique en vivant un temps de partage qui va empuissancer chaque membre.

En savoir plus

Si l’expérience de l’intelligence collective vous tente, nous avons des ateliers en ligne gratuits tous les premiers mardis du mois de 12h30 à 13h30. Il suffit de vous inscrire et pour cela de rester informé via notre Newsletter : inscription ici.

Et pour aller encore plus loin, nous organisons des formations à l’animation en intelligence collective. Nous créons des parcours de déploiement de la NonViolence systémique dans les organisations et sur les territoires. Pour en savoir plus, contactez-nous.

Alexandre

Alexandre

Ma raison d'être dans le Cercle CNV : Apporter ma contribution à la NonViolence Systémique.