Ahimsa qui vient du Sanscrit, se définit littéralement comme la « non-nuisance » ou la « non-violence ».
Et nous faisons le choix d’écrire NonViolence en 1 seul mot pour rappeler son origine Sanscrit.
La portée d’Ahimsa dépasse la simple absence d’agression physique pour englober la bienveillance en pensée, en parole et en action. C’est un principe éthique millénaire qui a influencé, souvent indirectement mais profondément, la pensée occidentale et les mouvements d’activisme social.
Philosophie millénaire
Concept millénaire, Ahimsa a émergé de l’hindouisme (3000 av. J.-C), pour devenir le pilier central du jaïnisme (600 av. J.-C.) puis du bouddhisme (500 av. J.-C.). À cette même époque, la NonViolence était aussi largement explorée par les sages de Chine (Lao Tseu et Confucius), mais aussi en Grèce ou Mésopotamie. Mais elle n’y a jamais acquis de statut central comme en Inde.
Par souci de concision, nous ne traiterons pas ici des approches similaires développées depuis des millénaires par les peuples d’Amérique, d’Afrique et d’Océanie.
Philosophie active
Mais revenons au début du XXe siècle, un moment où Ahimsa s’est réveillé pour devenir, avec une force humble mais puissante, une véritable stratégie politique et sociale active.
Ce retour semble indissociable du nom de Mohandas Karamchand Gandhi (1869-1948).
Gandhi, loin de se contenter d’une règle éthique personnelle, a eu la profonde conviction d’élever Ahimsa au rang de moteur d’un changement collectif et profond. Il a donné à ce concept un nom tout aussi parlant : le Satyagraha (Force de la Vérité ou Fermeté dans la Vérité).
Il est crucial de le comprendre : pour lui, la NonViolence n’est jamais synonyme de faiblesse ou de passivité lâche. C’est, au contraire, une résistance active et courageuse, qui exige une force d’âme peut-être plus grande encore que celle requise pour la violence. Notre objectif, disait-il en substance, n’est pas d’écraser l’adversaire, mais de toucher sa conscience et son humanité face à la souffrance que nous acceptons volontairement. Il s’agit de convertir l’autre, non de l’humilier. Un Héritage qui nous Oblige 🙏
L’onde de choc de cet activisme NonViolent s’est ensuite propagée, pour inspirer les plus grands combats pour les droits humains du XXè siècle :
- Martin Luther King Jr. (1929-1968), au sein du Mouvement des droits civiques américains, a repris et adapté explicitement la philosophie de Gandhi. Il a montré au monde comment utiliser les marches pacifiques, les sit-ins et la désobéissance civile pour affronter la ségrégation avec dignité.
- Nelson Mandela (1918-2013), dans la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud, nous a laissé un héritage peut-être plus puissant encore que le combat armé : la réconciliation qui a suivi le conflit. C’est un achèvement spirituel et politique, ancré dans le pardon plutôt que la vengeance, et très proche de l’esprit d’Ahimsa.
Ces vies nous ont humblement démontré ce qu’est Ahimsa, lorsqu’elle est incarnée dans une discipline et une action collective. Elle détient la capacité unique de transformer durablement des structures d’injustice, sans jamais céder à la tentation de créer de nouvelles oppressions en retour. C’est un chemin de courage et de dignité.
Quelles actions au XXIe siècle ?
Dans le siècle que nous sommes en train de traverser où les principes de domination semblent s’installer à travers :
- Une montée des polarisations et des extrémismes
💥 Les conflits identitaires et les guerres informationnelles dominés par la violence verbale et symbolique.
🕊️ Ahimsa rappelle la nécessaire retenue dans le discours et la recherche de vérité. - La crise écologique
💥 La destruction de l’environnement est la violence la plus vaste et la plus durable que l’humanité s’inflige.
🕊️ La NonViolence envers la nature est une extension logique et cruciale de l’Ahimsa. - Les inégalités et injustice structurelle
🕊️ La NonViolence active est l’outil le plus puissant pour les populations démunies de moyens militaires ou financiers pour s’opposer à des systèmes économiques et politiques injustes 💥
Le Cercle de la NonViolence propose à chacun•e de retrouver son pouvoir d’Agir et de NonAgir en conscience à travers cette philosophie NonViolente.
Par l’approche systémique du Cercle, il ne s’agit pas de développer des compétences techniques ou des savoirs être permettant de mieux supporter des violences structurelles, culturelles, économiques, politiques, etc…
Il s’agit de développer ensemble nos perceptions des mécanismes systémiques afin de choisir l’action NonViolente avec la conscience des systèmes dans lesquels nous vivons à chaque instant.
Le monde change déjà tous les jours et il a toujours changé tous les jours.
Et ce changement se fait avec les énergies, les pensées, les actes ou non-actes que nous posons chaque jour sur notre chemin privé, professionnel, citoyen, familial.
Chacun•e à partir de ce qu’il est et de qu’il fait chaque jour contribue à sa façon, à son échelle, dans son environnement à ce Cercle Vertueux de la NonViolence.
Au plaisir de vous retrouver pour d’autres articles et ateliers en ligne.
