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Notre rapport à la mort passe-t-il par changer notre relation à la souffrance ?

La société occidentale moderne occulte la mort, la préfère anonyme.

On s’efforce de la camoufler, “tabou de la mort » ou « déni de la mort ». On la veut invisible et la mettre à distance dans cette réconfortante illusion de sécurité que la mort ne nous concerne pas.

Les progrès de la chirurgie et des nouvelles technologies, la médicalisation croissante et à outrance ont déformé notre manière de vivre la mort.

Le patient est là pour guérir et non pour mourir, la mort est une échéance ignorée, un événement indésirable qui représente un échec médical.

La société occidentale moderne veut que la mort se fasse discrète, il faut “disparaître” sur la pointe des pieds, isolé.e et coupé.e de la “communauté des vivants” pour ne pas perturber notre rapport actuel à la mort.

Il n’y a plus de prise en charge collective de la mort où chacun-e avait un rôle à tenir, la famille veillait le-la mourant-e, les ami-es et les voisin-es venaient rendre

un dernier hommage et le curé de la paroisse consolait les endeuillé-es.

Ce temps de recueillement intime et personnel a disparu, ou presque, emporté par un système de croyances qui tend vers un idéal moderne, imposé par une vision où la mort doit être imperceptible.

En cherchant à mettre fin à des violences entretenues par des croyances dogmatiques judéo-chrétiennes qui rendent la mort angoissante, la société occidentale moderne a engendré d’autres violences.

La mort rendue invisible et anonyme, on ne met pas de “mots sur nos maux”, notre système de croyances ne permet pas d’y donner un sens et exacerbe la peur de mourir.

Alors, quel autre choix avons-nous que de nier cette réalité ? La mort fait partie intégrante de la vie et s’inscrit dans un processus naturel.

Tout être vivant est nécessairement amené à rencontrer la mort, que ce soit celle de son entourage proche, d’un animal de compagnie ou la sienne.

L’impermanence nous montre que le changement est là partout, en nous et autour de nous. Rien n’y résiste, notre corps vieillit, tombe malade, guérit et tombe à nouveau malade.

Nos pensées, nos croyances et nos comportements changent. Nos identités évoluent, se transforment, certaines disparaissent et d’autres émergent, au rythme de cette vie qui exige une adaptation continue.

Si l’on change notre rapport à la réalité pour nous relier à elle, telle qu’elle est, à l’aspect temporaire et éphémère de toute chose, comment notre propre expérience à la souffrance pourrait-elle en être impactée ?

Voir le replay de l'atelier sur la Mort

"Il se peut que je meure aujourd'hui” est une vérité essentielle.

Mourir est inéluctable, c’est l’une des rares certitudes que la vie nous enseigne ; avec ce caractère indubitable que le moment de notre mort, quant à lui, est incertain.

Un grand sage bouddhiste disait :

La plupart de nos problèmes émotionnels ne sont rien d’autre qu’une incapacité d’accepter les choses telles qu’elles sont. Quand les choses vont mal dans notre vie et que nous nous trouvons dans des situations difficiles, nous avons tendance à considérer que la situation elle-même est notre problème. 

Les situations difficiles ne seraient pas un problème pour nous si nous y répondions avec un esprit positif ou paisible ; en fait, nous pourrions même les considérer comme des défis ou des occasions pour grandir et pour progresser.

Les problèmes ne surviennent que si nous répondons aux difficultés avec un état d’esprit négatif.

La souffrance n'est donc pas nécessairement une expérience négative

Nous pouvons faire le choix de vivre ces situations difficiles autrement et prendre conscience de la manière dont nous exacerbons notre propre douleur.

Cela parle de perception, ce qui est source d’angoisse et de peur pour soi, ne l’est pas pour toustes.

C’est une question d’attitude, ce qui est accueilli et accepté peut être transmuté.

Qu’est-ce que nous enseigne la douleur de la séparation, la tristesse de la perte, l’absence de l’autre, la peur de ne plus être dans le contrôle ?

En embrassant la réalité du cycle de la vie tel qu’il se présente, nous pouvons accueillir et accepter la perte et la disparition autrement, et développer des ressources et des aptitudes au service du vivant.

Cette absence de résistances habituelles à ce qui est inexorable, de freins à l’interdépendance – parce qu’il y a naissance, il y a mort – ouvre un espace en nous, à partir duquel émergent l’amour, la compassion et la sagesse. 

Des états d’esprit qui nous protègent et qui s’opposent à notre ignorance et à l’espoir aveugle que “Tout ira bien”, que “Miraculeusement il.elle va survivre à son cancer”.

Cette capacité à rester assis dans le chaos et à être présent à notre souffrance nous fait découvrir un espace en nous, qui par nature, est paisible et pur ; un espace qui permet la dignité et l’acceptation de nos blessures.

Réflexion

Ainsi, la mort n’est-elle pas au centre même de la vie et marque son aboutissement en réalisant notre potentiel infini d’amour, de compassion et de sagesse ?

Au bout du compte, ne serait-ce pas la mort qui donne un sens à la vie ? 

La conscience de la mort peut nous aider à apprécier ce que cela signifie d’être en vie et combien elle est précieuse.

Apprendre à accepter cette vérité que toute chose inévitablement prend fin, nous invite à vivre avec une intention plus réfléchie et plus consciente en incarnant des valeurs qui nous sont chères.

Pour en savoir plus et participer à l’atelier, visitez la page de Kiyomi SHIMABUKURO

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